Le numérique et le digital en santé : un plébiscite

Services | 26 nov. 2018
La 13ème vague du baromètre Santé 360 auquel l’ASIP Santé est associée, est consacrée aux professions libérales de santé (PLS) – médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, sages-femmes, kinés, dentistes, pharmaciens – particulièrement au cœur de l’actualité et des réformes gouvernementales.

Les principaux résultats de l’étude sont riches en enseignement :
  
CHAPITRE - I – Image et perception des professionnels de santé : le positif
 
  1. Les professions libérales de santé (PLS) jouissent d’une exceptionnelle image en France (comme partout en Europe) avec 91% de bonnes opinions.
  2. Ces professionnels sont jugés « compétents », « courageux », « sympathiques », « à l’écoute de leurs patients » par plus de 8 Français sur 10 ! Les Français pensent que les PLS entretiennent d’excellentes relations à la fois entre eux (86%) et avec leurs patients (89%) … les professions libérales de santé partagent ce sentiment.
 
CHAPITRE - II – Image et perception des professionnels de santé : le négatif 
 
  1. En revanche, les relations des professions libérales de santé avec les établissements de santé et les pouvoirs publics sont perçues comme nettement moins bonnes. Les PLS le confirment : 4 sur 10 évoquent de mauvaises relations avec les établissements 2 sur 3 avec les pouvoirs publics.
  2. Par ailleurs, le prestige de ces professions apparaît en berne, notamment celui des infirmières et des médecins : c’est ce que pense une majorité de Français et 7 PLS sur 10. 94% des médecins et 81% des infirmiers estiment ainsi que leur prestige s’est dégradé.
 
 
CHAPITRE - III – Les professions libérales de santé et les réformes
 
  1. Confirmant leur image « corporatiste » (principal reproche qui leur est fait), ces professions, surtout les médecins (56%), sont souvent perçues comme ayant systématiquement tendance à s’opposer aux réformes
 
Et c’est bien dommage, parce que les Français ne sont pas avares en réformes concernant la santé :
 
  1. 9 sur 10 soutiennent massivement l’abaissement du numerus clausus et ils sont majoritairement pour toutes les mesures envisagées pour inciter les jeunes médecins à s’installer en zones démédicalisées : 6 sur 10 sont même favorables aux sanctions financières des médecins s’installant en zones surmédicalisées.
  2. Les réformes plébiscitées ne concernent pas que les médecins : ainsi, 69% des Français sont pour l’autorisation donnée aux infirmiers d’effectuer des vaccins sans prescription du médecin et 53% soutiennent même l’extension future de cette mesure aux pharmaciens.
  3. Au-delà du vaccin, les Français seraient aussi largement favorables (63%) à ce que les infirmiers puissent prescrire certains médicaments… les infirmiers le sont plus encore (85%) même si les médecins, eux, s’y refusent (6 sur 10) .


 
CHAPITRE - IV – Le numérique et le digital en santé : usages et perceptions par les professionnels et par les patients
 
  1. Le numérique en santé est plébiscité : 7 Français sur 10 pensent que son développement n’aura que des bénéfices pour les patients comme les soignants et même qu’il améliorera la qualité des soins en France (68%).
  2. Les trois-quarts des Français comme des Européens pensent que le développement du numérique permettrait d’améliorer le parcours de soin du patient, aujourd’hui jugé problématique par les trois-quarts des PLS… et 85% qu’il constitue un enjeu essentiel au développement des maisons de santé pluridisciplinaires. Or elles constituent LA tendance forte en santé actuellement : 37% des Français les fréquentent déjà.
 
Mais ce « positivisme » sur le numérique en santé a des limites :
 
  1. Ainsi, plus de 4 Français sur 10 ne savent pas si les PLS qu’ils fréquentent échangent entre eux des informations sensibles les concernant. Et parmi ceux qui savent que leurs PLS le font, un sur deux ne sait pas comment ils font pour le faire.
  2. Confirmation du côté des professionnels : 9 sur 10 disent échanger des informations sensibles sur leurs patients… et dans les deux-tiers des cas, ils échangent ces informations sans utiliser de messageries sécurisées
 
S’agissant de tous ces sujets – prestige en berne, mauvaise transparence sur l’usage du numérique, capacité des PLS à approuver des réformes souhaitées par les Français – il est bien évidemment capital que les professionnels puissent réagir, notamment par le biais de leurs ordres.
Le problème est que, d’une part, les Français les jugent bien trop corporatistes (71%), même s’ils les estiment par ailleurs… et surtout, d’autre part, que les professionnels de santé ont une bien piètre opinion de ces ordres censés les représenter : en moyenne, les trois-quarts des PLS pensent que leurs ordres les représentent mal.
 
 
L’ASIP Santé associée au baromètre 360 depuis 2018
 
Effectué par l’institut Odoxa pour la MNH, Orange Healthcare, la FHF et l’ASIP Santé, ce baromètre est réalisé avec le concours scientifique de la Chaire Santé de Sciences Po. Ce baromètre est en quelque sorte un Observatoire. Il se veut à 360° à la fois parce qu’il aborde chaque trimestre un sujet spécifique de santé en approfondissant très amplement toutes ses dimensions auprès de toutes les populations concernées (les Français, les médecins, les directeurs d’hôpitaux, les infirmiers, les européens,…) et aussi, parce que l’ensemble des partenaires réfléchissant aux thématiques à aborder proviennent d’univers de santé différents et légitimes dans leur domaine.


Echantillon de 697 professionnels de santé appartenant à 6 des 7 ordres professionnels (sauf pédicures/podologues)
Cet échantillon de professionnels de santé est composé de : 138 Médecins (73 généralistes, 58 spécialistes et 7 internes), 141 Infirmiers(e)s et aides-soignant(e)s, 116 Sages-femmes, 184 Masseurs-Kinésithérapeutes, 52 Pharmaciens, 66 Dentistes
Parmi eux : 591 exercent en libéral (dont 48 exercent à la fois à l’hôpital et en libéral)
Pour éviter la sur/sous-représentativité de certaines professions, les données ont été redressées en fonction du poids de chacune de ces populations de professionnels de santé en France